Comme je l'écrivais dans un précédent billet, très peu de petits établissements ont informatisé leur gestion de soins et leurs dossiers patients. Est-ce parce qu'ils ne trouvent pas dans les offres existantes les fonctions dont ils auraient l'utilité ?
Pour la plupart, ce n'est pas le problème. Des logiciels proposent déjà des fonctions dont ils pourraient tirer profit : suivi des traitements et soins en cours, partage de documents liés aux patients, d'informations médicales, ... Ce n'est pas étonnant d'ailleurs : la manière de prendre en charge un patient ne diffère pas fondamentalement entre un petit et un grand établissement : que l'hôpital soit petit ou grand, les infirmières font des transmissions, les médecins prescrivent des traitements, les secrétaires médicales préparent des courriers, ...
Pourquoi donc les petits sites n'achètent-ils pas, ou si peu, les offres existantes ?
Il y a bien sûr de multiples facteurs pour l'expliquer. Mais, tous reviennent in fine au fait que les offres actuelles ne sont pas accessibles aux petits établissements. Elles sont trop coûteuses pour eux, dans tous les sens du terme.
Il y a déjà les coûts visibles, chiffrables en euros dans les devis : les licences, les infrastructures matérielles (serveurs, ...) et logicielles (base de données, ...) à installer sur site, les prestations de services - techniques et autres - qu'elles nécessitent, ...
Mais, tout aussi important, elles sont coûteuses en temps et en compétences pour l'établissement lui-même. Il est compliqué aujourd'hui d'acheter, d'installer et de maintenir un tel logiciel, et cela prend beaucoup de temps aux personnes qui s'impliquent dans un tel projet. Trop de temps pour beaucoup de petits établissements qui n'ont pas les moyens de détacher du personnel pour gérer cela.
Il est même déjà compliqué aujourd'hui d'obtenir une vision claire de ce que font réellement les logiciels existants ! Nous y reviendrons dans un prochain billet.
Il y a vraiment quelque chose à revoir dans la manière de concevoir, de vendre, de déployer et de maintenir ces outils pour les rendre accessibles aux petits établissements. Et l'internet a décidemment encore beaucoup à apporter pour changer cela.